En bref

  • Les taux de conversion ont été figés de façon irrévocable : 1 euro valait 1 936,27 lires, 166,386 pesetas, 200,482 escudos, 2,20371 florins et 340,750 drachmes.
  • L'échange en banque centrale est clos dans la plupart des pays, et les pièces ont presque partout été exclues avant les billets.
  • Pour les monnaies dont l'échange est fermé, la valeur est exclusivement de collection : le taux de conversion ne sert plus qu'à situer l'ordre de grandeur.
  • Les pièces d'avant les années 1970 en argent valent leur métal, ce qui les place très au-dessus de leur valeur faciale convertie.
  • Avant toute démarche, vérifiez la règle applicable auprès de la banque centrale du pays concerné : les délais diffèrent d'un pays à l'autre.

Les taux de conversion des anciennes monnaies européennes ont été figés de façon irrévocable : 1 936,27 lires, 166,386 pesetas, 200,482 escudos ou 2,20371 florins pour un euro. Mais ces taux ne servent plus qu’à situer un ordre de grandeur, car l’échange en banque centrale est fermé dans la plupart des pays. Ce qui reste, c’est la valeur de collection — et le poids d’argent.

Les taux de conversion, une fois pour toutes

Ils ont été arrêtés à la veille du passage à l’euro et n’ont jamais bougé depuis. Aucune renégociation, aucune actualisation : ce sont des constantes.

MonnaiePaysPour 1 euro
FrancFrance6,55957 FRF
Deutsche MarkAllemagne1,95583 DEM
LireItalie1 936,27 ITL
PesetaEspagne166,386 ESP
EscudoPortugal200,482 PTE
Florin (gulden)Pays-Bas2,20371 NLG
Franc belgeBelgique40,3399 BEF
SchillingAutriche13,7603 ATS
Mark finlandaisFinlande5,94573 FIM
Livre irlandaiseIrlande0,787564 IEP
DrachmeGrèce340,750 GRD

Ce tableau permet de faire un premier calcul de bon sens. Un billet de 10 000 lires représentait environ 5,16 euros. Un billet de 1 000 escudos, environ 4,99 euros. Une pièce de 100 pesetas, environ 60 centimes.

Retenez cet ordre de grandeur, parce qu’il désamorce la plupart des espoirs : une liasse de billets à quatre ou cinq chiffres impressionne, mais les monnaies à forte inflation avaient des valeurs faciales élevées pour des montants modestes. Mille lires, ce n’était pas mille de quoi que ce soit.

L’échange en banque centrale : presque partout fermé

C’est le point qui déçoit le plus souvent, et il faut le traiter avant tout le reste.

Chaque pays a fixé sa propre période d’échange, décidée par sa banque centrale nationale, avec deux règles récurrentes.

Les pièces avant les billets. Dans presque tous les pays, la reprise des pièces s’est arrêtée bien plus tôt que celle des billets — souvent quelques années seulement après le passage à l’euro, contre une ou deux décennies pour le papier.

Des durées très inégales. Certains États ont clos l’échange dans les années qui ont suivi 2002. D’autres ont laissé une fenêtre de dix ans. Quelques-uns acceptent encore aujourd’hui leurs anciens billets sans date limite annoncée.

En France, les repères sont précis : l’échange des pièces en francs s’est arrêté le 17 février 2005, celui des billets le 17 février 2012. Rien ne permet d’y revenir, et la question de ce qu’il reste à en faire est traitée dans ce qui fait la valeur d’un billet en francs.

Pour les autres monnaies, une seule démarche est fiable : consulter le site de la banque centrale du pays concerné, qui publie la règle applicable. Ne vous fiez pas à un forum, ni à un commentaire, ni à cet article — les situations diffèrent d’un pays à l’autre, et une information périmée circule longtemps.

Un mot sur les intermédiaires privés qui proposent de racheter des devises hors cours. Le service existe, il est légal, et il se paie : la décote appliquée est significative, précisément parce que l’intermédiaire porte le risque de ne rien pouvoir en faire.

Où la vraie valeur se trouve : le métal

C’est ici que le regard change complètement. Une pièce d’argent ne vaut pas sa valeur faciale convertie, elle vaut son poids.

Jusqu’aux années 1960 et 1970 selon les pays, les grosses pièces de circulation contenaient de l’argent, en titres généralement compris entre 500 et 900 millièmes. Puis la hausse du métal a mis fin à cette pratique presque partout, la même mécanique qui a condamné les 50 francs Hercule en argent en 1980.

Quelques familles à repérer dans un lot mélangé :

Les grosses pièces italiennes d’avant 1968, dont les 500 lires en argent frappées à partir de la fin des années 1950, reconnaissables à leur module important et à leur tranche.

Les pièces néerlandaises d’avant 1968, notamment les fortes valeurs, qui étaient en argent avant le passage au nickel.

Les pièces espagnoles et portugaises des années 1960, dont certaines valeurs élevées en argent.

Pour trancher, la méthode ne change pas d’un pays à l’autre : le poids et le diamètre sont normalisés et vérifiables avec une balance précise et un pied à coulisse. La procédure complète est dans reconnaître une pièce en argent, et elle s’applique telle quelle à une monnaie étrangère.

Un chiffre pour fixer les idées : une pièce de 15 grammes à 800 millièmes contient 12 grammes d’argent fin. À un cours de l’ordre du millier d’euros le kilo — fourchette d’ordre de grandeur, à recalculer le jour de la vente —, cela représente une douzaine d’euros. Sans rapport avec les quelques centimes de sa valeur faciale convertie.

La valeur de collection, et ce qui la déclenche

Au-delà du métal, un marché existe pour les monnaies européennes du XXe siècle, mais il est sélectif.

Le millésime et le tirage. Comme partout en numismatique, une année faiblement frappée vaut plus que les autres, à état égal. Le chiffre se lit dans un catalogue de référence, pas dans une liste recopiée en ligne.

L’état de conservation. Il compte au moins autant que la rareté, et il est le facteur que le détenteur surestime le plus. Les repères de l’échelle de cotation française se transposent sans difficulté aux monnaies étrangères : on regarde le relief, les champs et les points d’usure, pas l’ancienneté.

Les commémoratives et les séries complètes. Elles trouvent des acheteurs, notamment quand elles sont encore dans leur emballage d’origine. Sorties de leur coffret, elles perdent une partie de leur intérêt.

Ce qui ne vaut presque rien, à l’inverse : les pièces de circulation en métal commun des années 1980 et 1990, quel que soit le pays. Elles ont été frappées en quantités énormes, elles ont circulé, et elles arrivent sur le marché par kilos. Le tri prend plus de temps que ce que le lot rapporte.

Que faire d’un lot mélangé

La situation typique : une boîte à chaussures rapportée d’un grenier, avec des pièces et des billets de six pays.

Ne nettoyez rien. C’est la règle qui vaut pour toutes les monnaies, sans exception de pays, et elle est irréversible dans le mauvais sens. Le décapage retire la patine, laisse des micro-rayures visibles à la loupe, et ferme la porte au marché de la collection.

Séparez d’abord par métal. Mettez de côté ce qui pèse lourd et sonne clair : c’est là que la valeur se concentre. Le reste, les petites pièces de bronze et d’aluminium, occupe 90 % du volume et 5 % de la valeur.

Ne payez pas pour une estimation avant d’avoir une idée de l’ordre de grandeur. Sur un lot dont le contenu d’argent se compte en dizaines d’euros, une expertise payante coûte plus qu’elle ne révèle.

Faites voir l’ensemble à deux acteurs indépendants si les pièces d’argent sont nombreuses, ou si un exemplaire ancien vous semble sortir du lot. Les circuits, leurs marges et leurs délais sont comparés dans où vendre ses pièces.

Ce qu’il faut retenir

Le taux de conversion figé donne l’ordre de grandeur, l’échange en banque centrale est clos presque partout, et la valeur réelle d’un lot d’avant l’euro se trouve dans son argent.

Une exception mérite d’être signalée : les monnaies dont l’échange reste ouvert peuvent valoir leur conversion, ce qui dépasse parfois leur valeur de collection. C’est le seul cas où la démarche administrative rapporte plus que le marché — et c’est aussi le seul où il faut se dépêcher de vérifier.

Questions fréquentes

Peut-on encore échanger des lires, des pesetas ou des escudos ?

Dans la plupart des cas, non : les périodes d'échange fixées par les banques centrales nationales sont closes, et les pièces ont presque partout cessé d'être reprises avant les billets. Quelques pays acceptent encore leurs anciens billets sans limite de temps. La règle varie d'un État à l'autre, elle se vérifie auprès de la banque centrale concernée avant tout déplacement.

Quel était le taux de conversion de la lire, de la peseta et du florin ?

Les taux ont été figés de façon irrévocable au moment du passage à l'euro : 1 euro valait 1 936,27 lires italiennes, 166,386 pesetas espagnoles, 200,482 escudos portugais, 2,20371 florins néerlandais et 340,750 drachmes grecques. Le franc français valait 6,55957 pour un euro.

Quelle était la monnaie des Pays-Bas avant l'euro ?

Le florin néerlandais, appelé gulden en néerlandais, divisé en 100 cents. Son taux de conversion a été fixé à 2,20371 florins pour un euro. Les pièces d'argent antérieures à 1968, notamment les grosses valeurs, gardent une valeur au métal très supérieure à leur valeur faciale convertie.

Une vieille pièce étrangère peut-elle valoir quelque chose ?

Oui, mais rarement pour la raison qu'on imagine. La valeur vient du métal quand la pièce est en argent, ou de la rareté du millésime combinée à un bon état de conservation. Une pièce de circulation en métal commun des années 1980 ou 1990 ne vaut presque rien, quel que soit le pays d'émission.

Sources et méthode

  • Taux de conversion irrévocables fixés lors du passage à l'euro pour les monnaies des États participants
  • Critères d'appréciation du marché de la collection appliqués aux monnaies nationales européennes du XXe siècle