En bref
- Parmi les 2 francs Semeuse en nickel (1977-2001), les plus chères sont la 1977, cotée 2 200 € en SPL, et la 1991, cotée jusqu'à 750 € en FDC dans le catalogue Le Franc.
- Les millésimes 1979 à 1983, de loin les plus courants, n'ont aucune cote en état de circulation : ils ne valent rien de plus que leur métal.
- Toutes époques confondues, la 2 francs la plus chère est la Napoléon III tête nue de 1859, cotée 9 000 € en SUP et 28 000 € en FDC.
- Pour la Semeuse en argent (1898-1920), le millésime 1900 sort du lot ; la 2 francs Chambres de commerce de 1927 est la rareté du XXe siècle.
- Une cote est un prix de vente indicatif entre collectionneurs, pas un prix de rachat : un négociant achète en dessous.
La pièce de 2 francs la plus chère est la Napoléon III tête nue de 1859, cotée 28 000 € en fleur de coin. Dans les fonds de tiroir, ce sont deux Semeuse en nickel qui comptent : la 1977, cotée 2 200 € en SPL, et la 1991, qui peut atteindre 750 € en fleur de coin. Presque tous les autres millésimes de la Semeuse moderne valent leur poids de nickel, surtout s’ils ont circulé.
Toutes les cotes citées ici viennent du catalogue Le Franc, la référence des monnaies françaises, dans sa version en ligne consultée le 6 octobre 2026. Elles sont exprimées par état de conservation, du B (beau) au FDC (fleur de coin), selon l’échelle des états de conservation que tout acheteur utilise.
La Semeuse en nickel (1977-2001) : deux millésimes, et beaucoup de déception
C’est la 2 francs que l’on retrouve dans les boîtes héritées. Elle pèse 7,5 g, mesure 26,5 mm, et elle est en nickel, pas en argent : sa valeur métal est négligeable. Le catalogue la recense sous la référence F.272, du millésime 1977 au millésime 2001.
Les cotes montrent un écart considérable d’une année à l’autre :
| Millésime | SUP | SPL | FDC |
|---|---|---|---|
| 1977 | pas de cote | 2 200 € | 3 000 € |
| 1978 (essai) | pas de cote | 95 € | 140 € |
| 1979 à 1983 | pas de cote | 2 € | 5 à 6 € |
| 1984 | 30 € | 45 € | 70 € |
| 1985 | 25 € | 35 € | 50 € |
| 1986 | pas de cote | 35 € | 50 € |
| 1990 | 30 € | 45 € | 70 € |
| 1991 (entrée la plus cotée) | 280 € | 500 € | 750 € |
| 1991 (seconde entrée) | pas de cote | 200 € | 250 € |
| 1992 et 1993 (selon l’entrée) | 12 € | 20 à 45 € | 40 à 70 € |
| 1996 à 1998, 2000 | 2 € ou pas de cote | 2 à 6 € | 6 à 10 € |
| 1999 | pas de cote | 20 € | 30 € |
| 2001 | pas de cote | 8 € | 15 € |
« Pas de cote » ne veut pas dire « sans prix connu ». Cela signifie que le catalogue ne juge pas la pièce recherchée dans cet état : elle ne se vend pas au-delà de sa valeur métal. Les millésimes 1979 à 1983, de loin les plus abondants, n’ont ainsi aucune cote en état de circulation.
La 1977 est hors norme dans la série. Elle n’est cotée qu’en SPL et en FDC, ce qui indique qu’on ne la trouve pas usée dans la monnaie de poche. Si vous pensez en avoir une, faites-la authentifier avant toute chose : un tel écart de prix attire les fausses dates et les pièces retouchées.
La 1991 est la vraie loterie du tiroir. Le catalogue lui consacre deux entrées, et la plus cotée commence à 280 € en SUP. En dessous de cet état, aucune cote n’est donnée : une 1991 rayée et usée par des années de porte-monnaie n’a rien à voir avec ces montants.
Entre les deux, 1984, 1985, 1986 et 1990 forment un groupe intermédiaire, autour de 25 à 45 € dans les beaux états. Leur rareté relative se lit dans les chiffres de frappe, que l’on peut vérifier avec la méthode décrite pour trouver le tirage d’une pièce.
Les quatre commémoratives : jolies, mais courantes
De 1993 à 1998, la Monnaie de Paris a frappé quatre pièces de 2 francs commémoratives. Elles ont été frappées pour la circulation, en grand nombre, et leurs cotes restent modestes :
| Pièce | SUP | SPL | FDC | Version ESSAI (FDC) |
|---|---|---|---|---|
| Jean Moulin, 1993 | 2 € | 5 € | 15 € | 75 € |
| Louis Pasteur, 1995 | 5 € | 12 € | 35 € | 70 € |
| Georges Guynemer, 1997 | 8 € | 10 € | 40 € | 80 € |
| René Cassin, 1998 | 5 € | 8 € | 25 € | 100 € |
La seule version qui se détache est l’essai, reconnaissable à la mention ESSAI gravée sur la pièce. Ces exemplaires n’étaient pas destinés à la circulation et ne se trouvent pas dans la monnaie rendue en boutique. Une commémorative ordinaire, même en bel état, vaut quelques euros.
La Semeuse en argent (1898-1920) : un plancher en métal
Avant le nickel, la Semeuse de 2 francs a été frappée en argent, de 1898 à 1920 (référence F.266). Elle pèse 10 g à 835 millièmes, soit environ 8,35 g d’argent fin. Même usée, elle garde donc la valeur de ce métal, ce qui la distingue de sa cadette.
Au-dessus de ce plancher, quelques millésimes se détachent nettement :
- 1900, le plus coté des millésimes courants : 35 € en B, 180 € en TTB, 400 € en SUP et 1 200 € en FDC ;
- 1900 et 1898 en flan mat, une frappe de présentation à la surface mate, cotées jusqu’à 1 600 € et 800 € en FDC ;
- 1901, 1902, 1904, 1905, 1909 et 1913, qui atteignent ou dépassent 220 € dès l’état SUP.
À l’inverse, les millésimes de la fin de la Première Guerre mondiale, 1916 à 1919, n’ont pas de cote dans les états B, TB et TTB. Usés, ils valent leur argent, sans prime. Le raisonnement pour estimer ce métal est le même que pour toute pièce de 2 francs Semeuse en argent : poids, titre, cours du jour.
Les 2 francs de l’entre-deux-guerres et de la guerre
Entre 1920 et 1959, la France a frappé des 2 francs en métaux pauvres. Les cotes y sont souvent faibles, avec trois exceptions franches.
Chambres de commerce, 1927. C’est la rareté du XXe siècle. Le dernier millésime de cette série en bronze-aluminium est coté 60 € en B, 300 € en TTB, 900 € en SUP et 2 200 € en FDC. Même très usée, une 1927 vaut donc quelque chose, ce qui n’est le cas d’aucune autre 2 francs de cette époque.
Morlon, 1935. Dans la série Morlon en bronze-aluminium (1931-1941), le millésime 1935 est le plus coté en état courant : 18 € en B, 50 € en TTB, 150 € en SUP, 380 € en FDC.
Morlon aluminium 1945 C, Francisque 1943 B. Dans les séries en aluminium, la lettre d’atelier fait la différence. La 1945 frappée à Castelsarrasin, marquée d’un C, atteint 180 € en SUP et 600 € en FDC. La Francisque de l’État français frappée à Beaumont-le-Roger en 1943, marquée d’un B, atteint 120 € en SUP et 400 € en FDC. Les mêmes années sans lettre valent nettement moins.
Pour ces pièces légères, la lettre d’atelier se trouve près du millésime. Une loupe suffit à la lire, à condition de ne jamais frotter la pièce pour la rendre lisible : nettoyer une pièce détruit justement l’état qui fait sa cote.
Les vraies raretés : le XIXe siècle
Les montants les plus élevés appartiennent à des pièces d’argent bien plus anciennes, que l’on rencontre surtout dans les collections constituées.
| Pièce | Référence | Cote haute |
|---|---|---|
| Napoléon III tête nue, 1859 A | F.262 | 4 500 € en TTB, 9 000 € en SUP, 28 000 € en FDC |
| Cérès avec légende, 1878 A, flan bruni | F.265 | 15 000 € en SPL, 20 000 € en FDC |
| Cérès avec légende, 1889 A, flan bruni | F.265 | 7 000 € en FDC |
| Napoléon III tête nue, 1858 A | F.262 | 6 000 € en FDC |
| Napoléon III tête laurée, 1866 E | F.263 | 4 000 € en SPL, 5 000 € en FDC |
Le flan bruni désigne une frappe soignée, au champ poli comme un miroir, réalisée en très petit nombre pour les collectionneurs ou les cadeaux officiels. Ces pièces n’ont jamais été destinées à la circulation.
La Napoléon III tête nue reste toutefois une pièce chère dans tous ses millésimes, de 1853 à 1859 : même en état B, la plupart sont cotées entre 180 et 280 €. C’est la seule série de 2 francs où une pièce très usée garde une valeur de plusieurs centaines d’euros.
Avant de vendre : trois vérifications
Une cote n’est pas un chèque. Trois points séparent la lecture du catalogue d’une vente réelle.
- L’état. La différence entre un SUP et un TTB peut diviser le prix par trois. Un collectionneur classera votre pièce plus sévèrement que vous, et une pièce nettoyée perd l’essentiel de sa prime.
- Le prix de rachat. La cote correspond au prix qu’un collectionneur paie pour une pièce identifiée. Un négociant qui rachète doit revendre avec une marge, et vous proposera moins. Les montants affichés sur les sites d’annonces sont des demandes, souvent très optimistes, pas des ventes conclues.
- L’authenticité. Plus la cote est haute, plus le risque de faux augmente. Pour une 1977, une 1991 en très bel état, une Chambres de commerce 1927 ou une Napoléon III, un avis professionnel s’impose. La démarche est détaillée dans notre guide pour faire estimer ses pièces.
Questions fréquentes
Quelle est la pièce de 2 francs la plus chère ?
Toutes époques confondues, c'est la 2 francs Napoléon III tête nue de 1859, cotée 9 000 € en SUP et 28 000 € en FDC dans le catalogue Le Franc. Parmi les pièces de la Ve République, ce sont la Semeuse en nickel de 1977, cotée 2 200 € en SPL, et celle de 1991, qui atteint 750 € en FDC.
Combien vaut une pièce de 2 francs 1991 ?
Le catalogue Le Franc donne deux entrées pour 1991. La plus cotée vaut 280 € en SUP, 500 € en SPL et 750 € en FDC ; l'autre, 200 € en SPL et 250 € en FDC. Aucune cote n'est donnée en dessous de SUP : une 1991 usée par la circulation est beaucoup moins recherchée.
Combien vaut une pièce de 2 francs 1979 ou 1980 ?
Presque rien en état de circulation : le catalogue ne donne pas de cote en dessous de SPL pour 1979 à 1983, et seulement 2 € en SPL, 5 à 6 € en FDC. Ces millésimes ont été frappés et conservés en très grand nombre.
Les pièces de 2 francs commémoratives valent-elles cher ?
Peu. Jean Moulin (1993), Louis Pasteur (1995), Georges Guynemer (1997) et René Cassin (1998) sont cotées de 2 à 8 € en SUP et de 15 à 40 € en FDC. Seules leurs versions portant la mention ESSAI montent à 70 à 100 € en FDC.
La cote est-elle le prix que l'on va me proposer ?
Non. La cote indique un prix de vente indicatif entre collectionneurs pour une pièce correctement identifiée et classée. Un négociant qui rachète doit revendre avec une marge et propose donc moins. Les prix affichés sur les sites d'annonces sont des demandes, pas des ventes conclues.
Sources et méthode
- Catalogue Le Franc (cgb.fr, édition en ligne lefranc.net) : fiches F.262 à F.276 des pièces de 2 francs, cotes en euros par millésime et par état, consultées le 6 octobre 2026
- Caractéristiques des 2 francs Semeuse en argent (10 g à 835 millièmes) et en nickel (7,5 g, 26,5 mm)
- Échelle française des états de conservation : B, TB, TTB, SUP, SPL, FDC