En bref

  • Un Napoléon contient environ 5,8 grammes d'or fin : c'est ce chiffre qui donne le plancher de valeur, recalculable à tout moment.
  • La prime est l'écart entre le prix payé et la valeur du métal : elle monte quand la demande de petites coupures augmente.
  • La plupart des Napoléons sont des pièces d'investissement sans valeur de collection : leur état compte peu.
  • Quelques types et millésimes sortent de cette logique et valent nettement plus que leur poids d'or.

Le Napoléon est la pièce d’or la plus échangée en France, et celle sur laquelle circulent le plus d’approximations. Son prix suit une mécanique simple, à condition de séparer deux composantes qui n’obéissent pas aux mêmes règles.

Ce que la pièce contient

Sous le nom de « Napoléon » on désigne couramment l’ensemble des pièces françaises de 20 francs en or, frappées du Consulat jusqu’au début du vingtième siècle, quels que soient le régime et l’effigie.

Leurs caractéristiques métalliques sont constantes sur toute la série :

CaractéristiqueValeur
Masse totaleenviron 6,45 g
Titre900 millièmes
Or fin contenuenviron 5,8 g
Diamètreenviron 21 mm

Cette constance est ce qui rend la pièce si liquide : un acheteur sait exactement ce qu’il achète sans avoir à expertiser le type.

Le chiffre à retenir est celui de l’or fin : environ 5,8 grammes. C’est lui qui sert à tous les calculs.

Le plancher : la valeur métal

Le calcul est direct.

Valeur métal = cours de l’or au gramme × 5,8

Le cours de l’or est une donnée publique, cotée en continu sur les marchés internationaux et généralement exprimée en dollars l’once. Deux conversions sont donc nécessaires : de l’once au gramme, et de la devise de cotation à l’euro.

C’est pour cette raison qu’aucun article ne peut donner un prix valable durablement : le cours change tous les jours, et la parité monétaire aussi. Le seul chiffre stable est le poids d’or. Le prix se recalcule le jour de la transaction, avec le cours du jour.

Ce plancher est réel : sauf circonstance très inhabituelle, une pièce d’or ne se négocie pas durablement sous la valeur de l’or qu’elle contient, puisqu’elle pourrait être fondue.

La prime : ce qui s’ajoute, et pourquoi

La prime est l’écart en pourcentage entre le prix de marché de la pièce et sa valeur métal.

Elle ne rémunère pas une rareté — la plupart des Napoléons ont été frappés par dizaines de millions. Elle rémunère trois choses :

  • la commodité de la petite coupure. Un Napoléon représente une fraction d’once : il permet de vendre par petites quantités, ce qu’un lingot ne permet pas.
  • la reconnaissance. La pièce est identifiable et acceptée sans expertise, partout en France.
  • la liquidité. Elle se revend rapidement, à un prix connu, auprès de nombreux intervenants.

La prime varie fortement avec la demande de pièces physiques. En période d’incertitude économique, elle monte parfois sensiblement, la demande de petites coupures dépassant l’offre disponible. En période de désintérêt, elle se contracte, et il est arrivé qu’elle devienne négative — la pièce se payant alors sous sa valeur métal.

Un acheteur avisé regarde donc deux chiffres et pas un : le cours de l’or et la prime du moment. Acheter au cours haut avec une prime haute cumule deux défavorables.

Les types, et ceux qui sortent du lot

Sur le plan de l’investissement, tous les 20 francs or se valent : même poids, même titre. Sur le plan de la collection, ils ne se valent pas du tout.

Les grands types que l’on rencontre couramment :

  • Napoléon Bonaparte Premier Consul et Empereur — les plus anciens de la série ;
  • Louis XVIII, Charles X, Louis-Philippe — types royaux ;
  • Napoléon III, tête nue puis tête laurée — les plus abondants ;
  • le Génie, dit aussi type au Génie ailé ;
  • le Coq, dit Marianne-Coq — le plus courant de tous, et souvent le moins cher à la prime.

Les pièces qui échappent à la logique purement métallique sont celles dont le tirage a été faible ou dont l’atelier de frappe est rare. Sur ces exemplaires, la valeur de collection prend le pas sur la valeur d’or, et l’état devient alors déterminant.

Concrètement, deux vérifications valent la peine avant de vendre un lot au poids :

Le millésime et l’atelier. La lettre ou le différent d’atelier, gravé sur la pièce, combiné au millésime, détermine le tirage. Certaines combinaisons sont communes à des millions d’exemplaires, d’autres à quelques dizaines de milliers. Cette recherche est exactement le travail décrit dans notre approche du tirage comme critère premier.

L’état, pour ces seules pièces. Sur un exemplaire rare, l’écart entre deux grades voisins peut être considérable. L’échelle et les critères d’appréciation sont détaillés dans notre article sur l’échelle de cotation.

Ce qu’il ne faut pas faire

Nettoyer. Sur une pièce d’investissement ordinaire, l’effet est faible puisque le prix suit le métal. Sur un exemplaire rare, c’est une destruction de valeur irréversible, et rien ne permet de savoir à l’avance dans quelle catégorie tombe la pièce que vous tenez. La règle reste absolue — les raisons sont dans ne nettoyez jamais une pièce de collection.

Vendre au comptoir sans avoir trié. Un lot passé au poids peut contenir un exemplaire dont la valeur de collection dépasse largement son or. Une fois fondu, c’est terminé. Les circuits de vente et leurs implications respectives sont comparés dans notre article sur où vendre ses pièces.

Acheter sans vérifier l’authenticité. Les contrefaçons de Napoléons existent, y compris au bon titre d’or — l’intérêt du faussaire portant alors sur la prime plutôt que sur le métal. La vérification passe par le poids, le diamètre et l’épaisseur, mesurés précisément, avant tout autre test. La démarche générale est celle décrite dans reconnaître une pièce en argent, et elle s’applique à l’identique à l’or.

Ce que le Napoléon est, et ce qu’il n’est pas

Il est un support d’or physique fractionné, liquide et reconnu, dont le prix suit le métal à une prime près. À ce titre, sa performance est celle de l’or, plus ou moins la variation de la prime entre l’achat et la vente.

Il n’est pas un placement de collection, sauf pour la petite minorité de types et de millésimes rares. Confondre les deux conduit à surpayer une pièce ordinaire en croyant acheter une rareté, ou à brader une rareté en croyant vendre de l’or.

Le réflexe qui protège des deux erreurs est le même : peser, mesurer, identifier le millésime et l’atelier, puis seulement décider si l’on est sur le terrain du métal ou sur celui de la collection.

Questions fréquentes

Combien d'or contient un Napoléon de 20 francs ?

Environ 5,8 grammes d'or fin, pour une masse totale d'environ 6,45 grammes au titre de 900 millièmes. Ce chiffre est constant pour l'ensemble des 20 francs or français du dix-neuvième et du début du vingtième siècle, ce qui explique qu'ils se négocient tous sur la même base métallique.

Comment calculer la valeur d'un Napoléon ?

Multipliez le cours de l'or au gramme par 5,8 environ : vous obtenez la valeur métal, qui est le plancher. Le prix réellement pratiqué s'y ajoute une prime, variable selon la demande du moment. Le cours de l'or évoluant en permanence, ce calcul doit être refait le jour de la transaction.

Qu'est-ce que la prime, et pourquoi varie-t-elle ?

C'est l'écart en pourcentage entre le prix de marché de la pièce et la valeur de l'or qu'elle contient. Elle rémunère la commodité d'une petite coupure facile à revendre, et elle monte quand la demande de pièces physiques s'intensifie. Elle peut aussi devenir négative en période de désintérêt, la pièce se payant alors sous sa valeur métal.

L'état d'un Napoléon compte-t-il ?

Peu, pour la grande majorité d'entre eux : ce sont des pièces d'investissement négociées au métal plus prime, et une usure de circulation normale ne change pratiquement rien. L'état devient déterminant sur les types rares et les millésimes de faible tirage, où la valeur de collection dépasse la valeur métal.

Sources et méthode

  • Caractéristiques métalliques des pièces de 20 francs or françaises et mécanisme de formation de la prime sur les pièces d'investissement