En bref

  • La 20 francs Coq contient 5,806 g d'or fin, comme tous les 20 francs or français : son prix courant, c'est la valeur de cet or plus une prime, à recalculer le jour de la vente.
  • Le catalogue Le Franc cote les millésimes courants à partir de 380 € (en TTB, SUP ou SPL selon l'année), et jusqu'à 800 à 1 000 € en fleur de coin : des planchers de catalogue, à comparer à la valeur or du jour.
  • Les vraies raretés sont les frappes médaille (marquées FM au catalogue) : 1898, cotée 10 000 à 15 000 €, puis 1899 et 1900, de 2 500 à 10 000 € selon l'état.
  • La tranche date la pièce : « Dieu protège la France » de 1899 à 1906, « Liberté Égalité Fraternité » de 1907 à 1914.
  • La 10 francs Coq suit la même logique avec 2,903 g d'or fin ; ses millésimes courants sont cotés de 220 € à 800 € selon l'état.

Une pièce de 20 francs or Coq vaut, dans l’immense majorité des cas, le prix de ses 5,806 grammes d’or fin, plus une prime : c’est l’un des 20 francs or les plus frappés, donc l’un des moins rares. Le catalogue Le Franc la cote à partir de 380 € selon le millésime et l’état, mais ce chiffre est un plancher de catalogue. Seules les frappes médaille de 1898, 1899 et 1900 sortent vraiment du lot, à plusieurs milliers d’euros.

Les cotes citées ici viennent des fiches F.534, F.535 et F.509 du catalogue Le Franc, consultées en ligne le 10 octobre 2026. Ce sont des prix de vente indicatifs entre collectionneurs, exprimés par état de conservation, pas des prix de rachat garantis.

Reconnaître un 20 francs Coq en dix secondes

Le Coq est le dernier type de 20 francs or français, frappé sous la Troisième République à partir de 1899. Il est souvent appelé « Napoléon », comme tous les 20 francs or, ce qui entretient la confusion. Le dessin est de Jules-Clément Chaplain : une Marianne coiffée du bonnet phrygien à l’avers, un coq debout au revers avec la devise « Liberté Égalité Fraternité ».

Ses caractéristiques métalliques sont strictement celles de tous les 20 francs or :

Caractéristique20 francs Coq10 francs Coq
Masse totale6,4516 g3,2258 g
Titre900 millièmes900 millièmes
Or fin contenu5,806 g2,903 g
Diamètre21 mm19 mm
Années de frappe courante1899 à 19141899 à 1914 (avec des lacunes)

La tranche donne la période. De 1899 à 1906, elle porte en relief l’inscription « Dieu protège la France ». À partir de 1907, l’inscription devient « Liberté Égalité Fraternité ». Le catalogue en fait deux références distinctes, F.534 et F.535, et la différence compte pour la cote, comme on va le voir.

Une pièce qui s’écarte de ces mesures doit éveiller la méfiance. Le poids et le diamètre restent les deux contrôles les plus sûrs, avant même la couleur ou le son, comme expliqué dans notre méthode pour repérer une fausse pièce d’or.

Le prix réel : l’or contenu, plus une prime

Pour un Coq courant, le calcul se fait en deux temps. On multiplie d’abord le cours de l’or au gramme par 5,806 : c’est la valeur métal, le plancher en dessous duquel personne de sensé ne vend. On y ajoute ensuite la prime, l’écart entre le prix de marché de la pièce et la valeur de son or.

Un exemple de calcul, avec un cours purement illustratif de 100 € le gramme : la valeur métal d’un 20 francs Coq serait de 580,60 €, celle d’un 10 francs Coq de 290,30 €. Le cours de l’or bouge tous les jours, et ce calcul est à refaire le jour de la transaction avec le cours du moment.

La prime, elle, monte quand la demande de petites coupures d’or s’emballe et peut devenir nulle, voire négative, quand le marché se calme. Le Coq étant le type le plus abondant, il se négocie souvent avec la prime la plus faible de tous les 20 francs or. Le mécanisme est détaillé dans notre article sur le cours et la prime du Napoléon 20 francs, qui vaut à l’identique pour le Coq.

Conséquence pratique : sur un Coq courant, l’état compte peu. Une usure normale de circulation ne change presque rien au prix, puisque c’est l’or qu’on achète.

Les cotes du catalogue, millésime par millésime

Le catalogue Le Franc donne malgré tout une cote à chaque millésime. Elle sert surtout à repérer les années qui valent plus que leur métal.

Première période, tranche « Dieu protège la France » (F.534) :

MillésimeTTBSUPSPLFDC
1898 FMpas de cotepas de cote10 000 €15 000 €
1899380 €450 €650 €850 €
1899 FMpas de cote4 000 €7 000 €10 000 €
1900380 €550 €700 €1 000 €
1900 FMpas de cote2 500 €4 500 €8 000 €
1901 et 1902pas de cote400 €500 €800 €
1903 à 1906pas de cote380 €450 à 500 €800 à 900 €

Seconde période, tranche « Liberté Égalité Fraternité » (F.535) : tous les millésimes de 1907 à 1914 sont cotés 380 € en SPL et 450 à 500 € en FDC, sans aucune cote dans les états inférieurs.

La mention FM signifie frappe médaille : un mode de frappe particulier, où les deux faces sont orientées dans le même sens, à la différence de la frappe dite monnaie, où le revers est tête-bêche. Ces exemplaires ont été produits en très petit nombre, souvent avec un soin supérieur. Ce sont eux, et pas l’ancienneté, qui font les grosses cotes du type.

Une remarque importante sur les chiffres courants : quand la cote de catalogue tombe sous la valeur or du jour, c’est la valeur or qui s’applique. Un acheteur qui propose « la cote » pour un Coq courant alors que l’or vaut davantage vous paie en dessous du métal.

Les refrappes : pourquoi 1907-1914 se traite au métal

Une partie des 20 francs Coq datés de 1907 à 1914 a été refrappée après la Seconde Guerre mondiale, en reprenant les millésimes d’origine. Ces pièces ont le même poids, le même titre et le même dessin que les originales, et elles sont parfaitement légales.

Il est impossible de les distinguer à l’œil, et c’est précisément la raison pour laquelle le catalogue ne cote ces millésimes qu’à partir du SPL. Sur le marché, un 20 francs Coq de 1907 à 1914 s’achète et se vend au poids d’or plus prime, sans prime de collection. Inutile donc de chercher un millésime « rare » dans cette période : il n’y en a pas.

La première période, de 1899 à 1906, échappe à cette logique de refrappe. C’est elle qui contient les seules pièces dont l’état peut réellement faire varier le prix, en particulier les frappes médaille.

La 10 francs or Coq

La 10 francs Coq (F.509) reprend le même dessin dans un module de 19 mm. Elle contient 2,903 g d’or fin, exactement la moitié d’une 20 francs, et se calcule de la même manière : cours du gramme multiplié par 2,903, plus une prime généralement un peu plus élevée en proportion, car la petite coupure est très demandée.

Elle n’a pas été frappée tous les ans : le catalogue ne recense pas de 1902, 1903, 1904 ni de 1913. Les cotes relevées :

MillésimeTTBSUPSPLFDC
1899220 €300 €500 €pas de cote
1899 FMpas de cotepas de cote1 600 €2 800 €
1900220 €400 €650 €pas de cote
1900 FMpas de cotepas de cote1 200 €1 700 €
1901pas de cote250 €550 €700 €
1905 à 1912220 à 250 €220 à 350 €380 à 550 €600 à 800 €
1914pas de cote220 €400 €450 €

Là encore, seules les frappes médaille justifient une vraie recherche. Une 10 francs Coq courante en état de circulation se vend au métal.

Avant de vendre : trois vérifications

Lire la tranche et le millésime. Une pièce de 1898, 1899 ou 1900 mérite qu’on vérifie l’orientation des faces : si l’avers et le revers sont dans le même sens quand on fait tourner la pièce autour de son axe vertical, il peut s’agir d’une frappe médaille. Dans ce cas, et dans ce cas seulement, l’état devient décisif, et l’échelle de cotation de B à FDC est le langage qu’utilisera l’acheteur.

Ne rien nettoyer. Même sur une pièce d’or, un frottement laisse des micro-rayures visibles à la loupe. Sur un Coq courant, c’est sans conséquence ; sur une frappe médaille, cela peut faire perdre un ou deux grades.

Anticiper la fiscalité. La pièce d’or est un métal précieux : la vente est soumise à la taxe forfaitaire de 11 %, plus 0,5 % de CRDS, dès le premier euro. Les cas où l’on peut choisir le régime des plus-values sont détaillés dans notre article sur la taxe sur la vente de pièces.

Enfin, une pièce d’or reste un placement dont le cours varie : on peut revendre en dessous de son prix d’achat. Les fourchettes ci-dessus sont des cotes de catalogue à la date indiquée, pas une estimation de votre exemplaire.

Questions fréquentes

Combien vaut une pièce de 20 francs or Coq ?

Pour un millésime courant, la valeur de ses 5,806 g d'or fin au cours du jour, plus une prime qui varie avec la demande. Le catalogue Le Franc donne des cotes de 380 à 1 000 € selon l'année et l'état, mais pour ces pièces très communes c'est le cours de l'or qui fixe le prix réel. Seules les frappes médaille de 1898 à 1900 valent nettement plus.

Quelle est la différence entre un Napoléon et un 20 francs Coq ?

Aucune sur le plan du métal : même masse de 6,45 g, même titre de 900 millièmes, même diamètre de 21 mm. « Napoléon » est le surnom donné à l'ensemble des 20 francs or français ; le Coq est le dernier type de la série, frappé sous la Troisième République, avec Marianne à l'avers et un coq au revers.

Comment savoir si mon 20 francs Coq est une refrappe ?

À l'œil, on ne peut pas. Une partie des millésimes 1907 à 1914 a été refrappée après la Seconde Guerre mondiale avec les dates d'origine, le même poids et le même titre. C'est pour cela que le catalogue ne donne aucune cote en dessous du SPL pour ces années : sur le marché, ces pièces se traitent au métal.

Combien vaut une pièce de 10 francs or Coq ?

Elle contient 2,903 g d'or fin, la moitié d'une 20 francs. Le catalogue Le Franc cote les millésimes courants de 220 € en TTB ou SUP jusqu'à 800 € en fleur de coin. Les frappes médaille de 1899 et 1900 montent à 1 200 à 2 800 € en SPL et FDC.

Faut-il payer une taxe en vendant un 20 francs Coq ?

Oui. Une pièce d'or postérieure à 1800 est un métal précieux : la vente déclenche la taxe forfaitaire de 11 % plus 0,5 % de CRDS sur le prix de cession, dès le premier euro, sauf option pour le régime des plus-values quand on peut justifier l'achat de cette pièce précise.

Sources et méthode

  • Catalogue Le Franc (cgb.fr, édition en ligne lefranc.net) : fiches F.509 (10 francs Coq), F.534 et F.535 (20 francs Coq), cotes en euros par millésime et par état, consultées le 10 octobre 2026
  • Caractéristiques des pièces de 20 francs or (6,4516 g, 21 mm, 900 millièmes) et de 10 francs or (3,2258 g, 19 mm, 900 millièmes)
  • Échelle française des états de conservation : B, TB, TTB, SUP, SPL, FDC